René Caillié
Lycée des métiers du bâtiment, des travaux publics et de la topographie
MARSEILLE
 

Printemps des lycéens

vendredi 24 juin 2016, par Administrateur

Vertu du ressassement poétique

Quatre poèmes pour une dizaine d’élèves.
Une vingtaine de strophes divisées à parts plus ou moins égales entre chacun d’eux.
Des vers incantatoires qui magnifient une Ville, un Port, des marins, des destinations, des départs…

L’Aventure d’une vie d’homme épris de voyages et souffrant de la nostalgie de Marseille dès que l’éloignement se prolonge de trop, l’invoquant d’une manière élégiaque, entretenant avec sa ville, un dialogue d’amoureux à son aimée.
Des mots parfois précieux, parfois techniques qui riment et que l’on ressasse, le chalumeau en mains, pour s’en approprier la musique et qui vivent en nous – assonances et allitérations.
Un travail ciselé de la matière sonore où les allégories voisinent avec les noms propres excitant notre imagination par leur musique intrinsèque.
Un travail d’équipe comme un équipage hissant la voilure lorsque souffle le vent.
Un parti -pris : dire de la Poésie pour s’abouter au langage -ce précieux et ultime lien social.
Un défi lancé et relevé de déclamer des mots, de les partager dans un esprit de fête par une belle journée dans la ville de Brignoles avec un public de lycéens attentifs.
La conviction intime que le Vœu de Louis Brauquier qu’un jour ses poèmes soient dits par des jeunes gens, longtemps après qu’il ait rejoint l’ancêtre du Vieux - Lacydon qu’il évoque dans « Quel exil plus brûlant » s’est vu réalisé- grâce à cette envie et ce travail de mémorisation de nos élèves- dont l’implication a surpris certains témoins directs de leurs répétitions.
Une croisade en terre de mots pour réhabiliter, l’année du quarantième anniversaire de son décès, la mémoire d’un marseillais auquel l’attribution d’une promenade autour du Fort St Jean par les édiles il y a quelques années à peine, pour symbolique que cela fût, ne se révélât pas moins scandaleusement insuffisante à nos yeux.
Pour conclure, laissons au poète la parole :
« Maintenant la nuit peut venir sur l’hémisphère
Chacun a son espoir qu’il emporte chez lui
Chacun a son amour qu’il se hâte d’atteindre
Ou bien sa solitude dure à retrouver.
Un homme parmi vous, qui passe, s’incorpore
Avec sa volonté à cette foule australe ; »

Il ne se vante pas du port qui l’a vu naître,
Il n’est pas différent, il n’est pas distingué ;

Tout ce qu’il veut c’est sa part de cette âme vague,
Sa part de cette attente et cet apaisement.

Pourtant s’il tombait, maintenant, dans votre rue,
Malgré son amitié c’est le nom de Marseille

Qu’on verrait tatoué à la place du cœur.

Pour information voici les titres des quatre poèmes :
Le départ des amis
Les découvreurs
Quel exil plus brûlant
Pour nous qui n’avons pas vu

Ces quatre poèmes sont extraits de « Et l’au-delà de Suez » datant de 1923 et regroupé à d’autres recueils au sein des Poésies complètes de Louis Brauquier sous le titre « Je connais des îles lointaines » aux éditions La Table Ronde.

 
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